En quelques mots

« À la mort de Gisèle Halimi, je découvre, époustouflée, son oeuvre. Cette femme est plus moderne que moi ! Elle tire tout le continent humain de sa clairvoyance et de sa ferveur. Son combat, sa route, ses forces me devancent, me donnent du courage et du sang pour faire battre mes pas. Une sensation d’un rythme cardiaque commun, rappelant l’essentiel : le grand hurlement de vie qui repousse toutes les forces de la mort. Cette rencontre littéraire avec elle, par-delà son décès, la découverte de sa personnalité puis la rencontre des gens qui l’ont côtoyée, ouvrent alors un dialogue incessant en moi. Un rapport talisman à son passage sur terre. Et une confiance dans les difficultés traversées. Celles-ci aboutiront. Il faut les affronter, ouvrir la porte aux monstres, à la cascade de l’enfance, aux mots coincés, faire confiance aux grandes rivières d’air frais que sont l’écriture et le théâtre. Commencent alors à s’activer en moi : une parole, une mémoire, l’urgence d’écrire, de témoigner et de transformer mes matériaux brûlants. D’en faire quelque chose.

D’en faire récit, théâtre et catharsis. Purification des blessures. Il y a en moi tout un continent qui demande à crier, à chanter, à guérir, à dire. Le continent femme. Une révolte qui couve depuis l’avant moi. Dans ma lignée, dans mes veines, les femmes trépignent et attendent. Dans une lignée, il y a ce qui a été dit et ce qui ne l’a pas été. Il y a les absurdités, les traumatismes, l’amour, la sensualité, le silence, l’étrange, le pouvoir, la jouissance, des bébés sortis des jambes de femmes. Mais pour devenir soi il s’agit de s’emparer de soi, de regarder ses traces pour les comprendre. Et surtout de poser les mots dessus. Que les pulsions se subliment, ouvrent des fenêtres de réparation pour d’autres. Tout le travail de Gisèle part d’une cause intime pour faire avancer le tout. Le combat, la défense d’une femme devenant celui de toutes les femmes et faisant avancer la société entière. On lui doit le procès de la torture. La législation pour punir et reconnaître enfin le viol. Le droit d’avorter. Des bascules de société fondamentales, immenses à reconquérir et affirmer toujours plus puissamment. Que les victimes soient entendues, défendues et protégées. Déjà en nous-mêmes. »

Estelle Meyer

Fiche info

Conception, texte, jeu et chant Estelle Meyer
Composition musicale Estelle Meyer avec la participation de Grégoire Letouvet et Pierre Demange
Dramaturgie et collaboration artistique Margaux Eskenazi
Scénographie James Brandilly
Piano, clavier Grégoire Letouvet
Batterie, percussions Pierre Demange
Régie son et direction technique Thibault Lescure
Création et régie lumière Pauline Guyonnet
Création costumes Colombe Lauriot Prévost
Collaboration, accompagnement et développement Carole Chichin

CoProduction : La Familia, l’ECAM – Théâtre du Kremlin-Bicêtre, le Théâtre Antoine Vitez à Ivry, la Ville de Bagnolet, L’Atmosphère – Espace culturel de Marcoussis, Théâtre des Îlets – Centre Dramatique National de Montluçon, Le Préau – CDN de Vire

Avec l’accompagnement et le soutien technique du Pavillon – Théâtre de Romainville, Ville de la Courneuve – Centre culturel Houdremont, Le Train Bleu – Avignon & Les Plateaux Sauvages – Paris 

Photo ©Caroline Deruas Peano

 

Contacts
Production
Laurent Carmé | La Familia || Carole Chichin | Phénomènes
laurent@la-familia.fr - 09 81 75 95 36 | nous.phenomenes@gmail.com - 06 03 19 77 46
Diffusion
Séverine André-Liebaut | Scène 2 production
01 40 53 92 41 | 06 15 01 14 75 - scene2@acteun.com
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Création printemps 2023